Les ROUGEGORGES

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Le Rougegorge, de la migration "Titi"

Quand les beaux jours déclinent…

À l’automne, les Rougegorges deviennent plus visibles dans nos jardins.
Si certains restent sur place toute l’année,
d’autres arrivent du nord et de l’est de l’Europe pour passer l’hiver sous des cieux plus cléments.
Ces déplacements saisonniers expliquent en partie leur présence familière à cette période.

C’est justement au déclin des beaux jours qu’un Rougegorge a commencé à se rapprocher de moi, jour après jour.
Il devenait de plus en plus familier, si bien que j’ai fini par lui donner un petit nom : Titi.

Je me prenais à imaginer qu’un jour, bientôt peut-être, il viendrait picorer directement dans ma main.
Cette confiance naissante me réjouissait et je suivais avec plaisir ses visites toujours plus proches.

Mais je n’avais pas compté avec mon chat…

Un matin, j’ai découvert Titi, mort sur mon paillasson.

En découvrant Titi, j’ai remarqué qu’il portait une bague à la patte.
Ce petit anneau, que je n’avais pas vraiment remarqué auparavant,
témoignait peut-être d’un voyage bien plus vaste que le petit territoire qu’il avait fini par fréquenter autour de ma maison.

Je ne savais pas d’où il venait ni quel chemin l’avait conduit jusqu’à moi.
Mais ce geste m’a permis de contribuer, à ma mesure, au suivi de ces voyageurs ailés.
Ainsi s’achevait, brutalement, cette petite histoire à laquelle je m’étais attaché sans même m’en rendre compte.

À la mort de mon chat, je n’en ai pas repris.
Les loirs, les rongeurs et d’autres petits visiteurs ont alors pu proliférer autour et dans la maison.

Il me reste le souvenir de ce petit Rougegorge qui, au fil des jours, avait gagné ma confiance et auquel j’avais donné un nom.
Titi n’était qu’un petit oiseau de passage, mais il avait su trouver sa place dans mes souvenirs.

Une réponse il venait d’Alsace…

Titi portait donc une bague à la patte. J'ais envoyé cette bagueà l’adresse inscrite sur l’anneau.

La réponse ne m’est parvenue qu’un an plus tard. J’apprenais alors que mon petit Rougegorge venait d’Alsace !

Ainsi, ce visiteur qui s’était peu à peu rapproché de moi, au point que je rêvais de le voir picorer dans ma main,
avait déjà accompli un voyage dont j’ignorais tout.

Je ne saurai jamais ce qu’il avait vécu avant d’arriver chez moi, ni quel chemin l’avait conduit jusqu’à ma porte.
Mais grâce à cette petite bague, une partie de son histoire m’a été révélée.

Titi n’était plus là, mais son voyage, lui, avait laissé une trace.
Et je garde le souvenir de ce petit oiseau qui, pendant quelques jours,
avait transformé une simple rencontre en une histoire que je n’ai jamais oubliée.